Vulves, dindes fourées et pervers illettrés, foncez voir «Adopte un Jules.com !»

Samedi, août 15, 2015 , , , , , , 2

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On ne va pas se leurrer, passer l’été à Paris n’est pas toujours une partie de plaisir… surtout en août.

Les restaurants sont pour la plus part fermés, les lieux phares sont pris d’assaut par des envahisseurs étrangers -touristes- et les films en salle sont merdiques. J’en tiens pour exemple les Minions, une daube monumentale.

Bref, dans ce cas où aller ? Hors de question de s’exiler en périphérie pour aller faire une soirée dans le trou du cul du monde ou de rester enfermer comme un ermite.

La solution ? Une pièce de théâtre à mois de 15€. Par exemple, allez voir « Adopte un Jules.com ». Vous vous fendrez la poire à vous en faire expulser le tampon hygiénique.

Mais attention, une petite précision est de mise : ne vous laissez pas influencer par le titre, les sites de rencontres ne sont abordés qu’une petite dizaine de minutes pour dévier ensuite sur les travers de la vie de couple.

Ça parle donc vulve épilée, dindes fourrées, sites de rencontres pour religieux puceaux, pervers illettrés et belles-mères mal embouchées. Le tout séquencé par des questions du type : Où trouver la perle rare ou faut-il coucher le premier soir. Parfait pour continuer à suivre la pièce sans se lasser même si pour certains ça sent le réchauffer.

Une pièce rondement menée par un trio de gonzesses à la personnalité bien trempée : une catho qui n’a jamais vu le loup et qui pète parfois les plombs, une Marie couche toi là dont l’intelligence est inversement proportionnelle à sa nymphomanie et une grande gueule qui fait le lien entre les deux.

Mention spéciale à Emilie Marié qui joue la très sexy Kitty. Ses mimiques et sa gestuelle sont de véritables atouts.

On saluera également l’interaction avec les spectateurs même si visiblement ce sont toujours les mêmes répliques qui lui sont adressées. Alors oui je conçois qu’on ne peut pas toujours innover mais un peu d’originalité serait la bienvenue, du moins pour que le public se sente valoriser et unique…

Mais bon c’est un détail !


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Du robot à la pleurnicheuse

Mardi, mars 31, 2015 No tags 9

Est-ce l’approche de mes 30 ans qui me transforme à vitesse grand V ? Est-ce l’évolution de mon entourage ? Où est-ce tout simplement la pression sociale ?

Le fait est qu’il y a encore 7 ans, j’étais une vraie connasse, libre, indépendante, déterminée, libidineuse et anti-conventionnelle. Je ne rêvais que de voyage, je passais mon temps libre à faire du shopping, je n’envisageais ma vie qu’à travers ma carrière professionnelle et j’enchainais les plans d’un soir.

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Telle une amazone, je partais combattre les idées préconçues (le rôle d’une femme c’est d’être mère), et j’essayais de résonner mes amies dont les aspirations se limitaient à vouloir épouser leur amour de lycée. Et maintenant, où est-ce que j’en suis ?

Les mouflets

A 20 ans – Je dénigrais chaque enfant croisé dans la rue. Sale, difforme, puant. Je ne mâchais pas mes mots. Au moindre pleur strident émanant d’un petit con geignard, je ne rêvais que d’une chose : lui faire bouffer sa sucette. En cas de baby-sitting forcé (garder un môme était pour moi aussi dégradant que de faire la pute sur le trottoir), je donnais au mouflet dont j’étais la nounou, des petits noms d’oiseaux (relou, chose inutile, gros laideron) et je criais plus fort que lui pour qu’il cesse de hurler.

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A 27 ans - Je m’extasie comme une arriérée devant un petit monstre de 50 centimètres même s’il est tout fripé avec un strabisme et les oreilles décollées. Je garde le sourire lorsqu’il vomit sur mon décolleté en faisant son rot et ne râle plus s’il me pète dessus, laissant échapper quelques coulis de diarrhée à travers sa couche. Pour attirer l’attention de ce marmot, je me retrouve même à sauter partout comme un pantin. J’ai l’air d’une cinglée atteinte du syndrome de Gilles de la Tourette, les insultes en moins. Mais surtout, je commence déjà à m’imaginer avec un ventre rond. Terminé le temps où je me voyais comme le futur incubateur d’un Alien ou d’un boulet qui mettra la main sur mon oseille avant de m’enfermer en maison de retraite pour crever en solitaire.

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L’union sacrée

A 20 ans – Le mariage me provoquait des irruptions cutanées. Rester toute ma vie avec une seule et même personne, devoir faire des concessions et perdre mon indépendance me paraissait inconcevable. Le mariage c’était la prison à perpétuité sans avoir pourtant commis de crime. Pour moi, la grande vie c’était de pouvoir changer de partenaire comme de petite culotte, sans compte à rendre. C’était de pouvoir laisser mes jambes et mon pubis en jachère et la forêt s’installer sous mes aisselles. C’était de pouvoir m’empiffrer, seule, une pizza pour 4 personnes avec supplément fromage et bacon. Je me souviens encore du ketchup coulant sur ma joue. Surtout, pour moi le mariage c’était l’obligation de voir tous les matins le visage fatigué, la tignasse grasse et le pénis flasque de mon mari. Sans oublier l’haleine fétide à supporter à chaque réveil et la bouche pâteuse des matins difficiles.

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A 27 ansJe suis fiancée… Et oui j’ai une bague à l’annuaire gauche et je compte me marier l’année prochaine. Je suis devenue accro à l’émission « dite oui à la robe de mariée » et je pleure devant la vidéo d’une demande en mariage. Je m’épile tous les trois jours, m’irritant au passage la peau en pleine repousse et je redessine mes sourcils 2 fois par semaine pour ne pas ressembler à Emmanuel Chain. J’ai troqué mes culottes de grand-mère contre des tangas Victoria Secret et ma love box (plus communément appelée vagin) est aussi lisse qu’une peau de bébé. Mais surtout, chaque jour, je subis les TOC de l’être aimé, ses petites manies quotidiennes tellement insupportables … en prenant sur moi. Et oui moi, j’intériorise… Je passe sur le bruit qu’il fait en mangeant, sur la crème hydratante qu’il se tartine sur l’ensemble du corps, sur la tonne de Labello qui donne à ses lèvres un effet fluorescent… Je ne me formalise plus sur ses Crocs qui auraient pu appartenir à ma grand-mère et sur ses cheveux coupés et ses poils de barbe que je retrouve dans l’évier.

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La vie

A 20 ans –  J’aimais les films de vampire, j’écoutais de la musique rock et je cranais avec ma dégaine de gothique. Je faisais ressortir mon 95D grâce à de sacrés décolletés et je mettais des baggy qui laissaient entrevoir ce que l’on appelle familièrement la raie du plombier. C’était d’un chic quand je me baissais… Il y avait autant de monde au balcon que j’avais le feu au cul. A mes lobes d’oreilles je mettais, par alternance, des épingles à nourrice ou des écarteurs, et aux pieds une paire d’écrase-merde plus couramment appelée des Vans. Du lourd des pieds à la tête. Un visage camouflé sous du talc, de l’eye-liner jusqu’aux oreilles et du noir sur les lèvres, j’étais fin prête pour le carnaval. Sauf que pour moi Mardi gras avait lieu toute l’année. Bref un cadavre ambulant, certain de son potentiel… On ne va pas se leurrer, j’aurai probablement boosté les audiences de l’émission « Nouveau look pour une nouvelle vie » si un casteur m’avait repérée. À l’époque, je passais mes week-ends à picoler. Un vrai puits sans fond. Je me retrouvais bien souvent allongée sur le billard d’un pub, les collants résilles troués après avoir enquillé une girafe de bière. Je rentrais le samedi soir à 3 heures du matin, ronde comme une queue de pelle, après avoir vomi sur un scooter ou redécoré l’ascenseur de mon immeuble. Le matin, c’était vomi dans les cheveux, bouche malodorante et migraine avant de me gaver à 15h d’un bon Golden Menu.

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A 27 ans - La bourgeoise que je suis devenue se fringue maintenant avec des slims noirs, des chemises en jean boutonnées jusqu’au cou et des vestes de tailleur. Plus un centimètre de peau ne dépasse ! Le parfait costume de la working girl frigide. Je vais voir des comédies musicales, j’écoute des chansons d’amour larmoyantes et je regarde des comédies ringardes réservées d’ordinaire aux soirées pyjama entre filles. Les vidéos de chats me font fondre et j’ai la larme facile lorsque je vois un caniche abandonné sur le bord d’une route. Je lis Musso dans le métro, organise des baby-shower et participe à des EVJF (enterrement de vie de jeune fille) avec des couronnes de fleurs sur la tête. Je ne bois que du vin blanc sucré et ne tiens plus au bout de deux verres. Le dimanche c’est brunch entre couples. Niveau bouffe, mon mec me prépare des tians de légumes et des tagliatelles de carottes, bien loin des menus fast-food qui faisaient mon quotidien. Le samedi soir, je regarde The Voice pendant que mes amies tricotent des bonnets pour les bébés en route.

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Mon dieu, je me suis ramollie telle une guimauve qu’on fait doucement griller dans la cheminée. À petit feu je deviens une nunuche aux aspirations traditionnelles. Je me demande bien ce que ce sera à 40 ans…


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Un « IT-Bag » Rose Mary Suzy

Avouons-le, nous sommes toutes à la recherche du « it-bag » que nous suspendrons fièrement à notre épaule. Ce fameux sac idéal qui nous accompagnera partout, se mariant avec chacune de nos tenues, peu importe l’occasion, le lieu ou la saison… Celui qui fera pulser un jean et une chemise à carreaux ou une petite robe noire cintrée.

Je me suis donc lancée dans cette quête : celle de trouver le Graal en matière de maroquinerie. J’ai commencé par fouiller sur Internet pour trouver la perle rare. Non pas sur les sites attitrés des marques dont les collections sont ternes, défraichies et passe-partout mais tout simplement dans Google images. J’ai tapé quelques mots clés : sac, léopard, cuir, noir. Ensuite il fallait scroller, scroller puis scroller encore pour faire défiler les photos. Je me suis laissée mener, au grès du hasard, sur différents sites jusqu’à ce que je tombe sur un sac absolument superbe d’une marque encore inconnue : Rose Mary Suzy derrière laquelle se cache Marine, une styliste de talent aux doigts de fée.

J’ai donc littéralement craqué sur un sac en forme de seau appelé Greta. Il s’agit d’un cuir de vachette avec empiècement cuivré et léopard façon poulain. Une vraie merveille réalisée sur-mesure et non disponible sur l’e-shop. Me voilà dépitée mais pas désespérée pour autant. Je prends l’initiative de contacter la créatrice qui me donne un rendez-vous dans son atelier à Temple. J’en ai, d’avance, des étoiles plein les yeux !

La caverne d’Ali baba
Le jour J, j’ai le cœur qui bat la chamade. J’ai hâte de découvrir l’atelier où la magie opère. J’avoue être tout de même un peu stressée car je ne connais pas Marine mais dès qu’elle m’ouvre la porte je fais la connaissance d’une jeune femme disponible, prévenante, sympathique, à l’écoute et surtout passionnée par ses créations. Ça aurait pu être une amie tant elle a su me mettre à l’aise, moi qui me faisais toute petite au milieu de son boudoir. J’ai eu la chance de découvrir les peaux utilisées pour confectionner la maroquinerie : vachette pleine fleur, veau velours, nubuck, agneau plongé, mouton bullé, peaux exotiques, métallisées… dans des couleurs absolument irrésistibles. Toutes sont de qualité supérieure, venues tout droit d’Italie ou de France. Marine les utilise pour réaliser des pochettes pour IPad, des cabas, des portefeuilles, des trousses et des sacs à la fois graphiques et design. Elle y ajoute des finitions cloutées et des détails frangés qui apportent une touche rock ou bohème très subtile. Mais surtout, ces merveilles sont réalisées en édition limitée ou sur commande. Ce qui explique que le site ne propose pas tous les modèles.

Un modèle personnalisé
Mais le petit plus, c’est la possibilité de créer un sac sur-mesure. Vous n’en avez pas assez de voir votre manteau favori ou votre capeline adorée portés par de parfaites inconnues dès que vous prenez le métro ? Avouez que c’est lassant de ne pas avoir une seule pièce que vous serez la seule à avoir. C’est malheureusement l’inconvénient des grandes enseignes. Marine propose donc de choisir votre modèle fétiche parmi ceux proposés et à vous ensuite de jouer avec les textures (tweed, kilim…), la finition du cuir, les camaïeux de couleurs que vous souhaitez associer et la chaîne pour la anse. De cette façon, vous aurez un sac à votre image, correspondant totalement à vos souhaits et surtout il sera absolument unique. Attention pour celles qui ont généralement des difficultés à se décider car le choix est tellement vaste qu’il est préférable de demander de l’aide à Marine qui vous conseillera bien volontiers.

Bien entendu, la qualité a un prix. Comptez 360 euros pour le modèle Greta. Mais ne tardez pas à vous décider car les prix devraient bientôt s’envoler : ses créations font un carton chez les fashionistas averties et séduisent les journalistes des magazines féminins. Greta, son magnifique sac seau a d’ailleurs fièrement trôné dans les pages de Grazia il y a quelques semaines à peine.

Consultez les modèles sur le site Rose Mary Suzy.

Photographe : Victor Dupuis – Mannequin: Julie Vandingenen – 2014 © RoseMarySuzy

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Les tribulations d’une usagère du métro : épisode 2

Mardi, novembre 25, 2014 , , , , , , 6

Le métro démarre enfin et là je remarque des cadres supérieurs d’une cinquantaine d’années qui se croient tout permis et s’assoient les cuisses écartées sur les strapontins. Déjà qu’il n’y a pas de place, ils ne laissent en plus que très peu d‘espace à la personne restée debout à leurs côtés. Sachez messieurs que non seulement vous manquez d’éducation mais qu’en plus cette position ne vous avantage guère. On peut joliment observer votre service trois pièces écrasé dans votre pantalon à pinces. C’est d’un seyant…

Mais il y aussi des petits égoïstes qui s’accrochent à la barre comme si leur vie en dépendait. Tu te sens concerné ? Ça tombe bien parce qu’une mise au point s’impose. Celle-ci n’est pas ta propriété, tu ne l’as pas achetée, tu dois donc la prêter à tes voisins qui essayent, tant bien que mal, de rester en équilibre, tel des surfeurs, lorsque les conducteurs freinent brusquement. Ça ne sert à rien de lui faire un câlin en la serrant très fort dans tes bras ou de te tenir contre elle en appuyant ton dos car de toute façon je m’y tiendrai coute que coute. C’est mon radeau, ma bouée de sauvetage pour ne pas me retrouver coincée dans la posture du manchot guidé par les mouvements de la foule. Il ne manquerait plus que tu sois non seulement accroché à la barre comme une moule à son rocher mais qu’en plus tu portes un sac à dos, bien droit sur tes épaules. Mais pose le bordel ! Tu ne vois pas que tu me le mets dans la tronche à chaque fois que le métro fait un à-coup !

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D’ailleurs, entre nous c’est peut-être un peu stupide de vouloir absolument rester accrocher à cette barre lorsque l’on sait qu’elle est infestée de bactéries. Dites vous qu’on peut y trouver des excréments (oui comme dans les cacahuètes), des restes d’urine (je pense aux petits cochons qui ne se lavent pas les mains après avoir touché leur pénis), des microbes (Ébola qui sait ? Humour !), des particules d’écoulements nasales et même de la salive. Oui j’ai déjà eu l’occasion d’observer des enfants la lécher. Visiblement elle devait avoir bon goût vu l’insistance avec laquelle il l’embrassait goulument et lassaient traîner leur langue. Bref, c’est vraiment la merde. Mettez au moins des gants, ça pourra peut-être limiter les dégâts.

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Bref, les portes se ferment enfin et là… horreur ! J’aperçois les accordéonistes qui baladent leur chariote d’un wagon à un autre, diffusant « Mon amant de Saint-Jean » ou « Padam Padam ». Ils débarquent toujours lorsque les portes se ferment, moment même où tu ne peux plus t’échapper. Je tente tout de même de monter le son de mes écouteurs jusqu’à me faire saigner les tympans mais ils sont trop forts pour moi, leur son si mélodieux parvient à couvrir C2C. Je suis piégée, obligée d’écouter leur sérénade sans pouvoir sauter du wagon en marche pour y échapper.

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Ils passent ensuite pour réclamer une petite pièce. Et là, soyons francs, nous réagissons tous de la même façon : nous baissons les yeux (genre ne viens pas par ici, je ne te donnerai rien), nous faisons semblant d’être au téléphone (je suis occupé sinon je t’aurai donné quelque chose c’est certain), nous lisons un magazine en le mettant bien haut devant nos yeux (mince je ne t’ai pas vu !) ou le meilleur de tous, nous faisons semblant de dormir (ça marche à tous les coups). Bien entendu toutes ces petites feintes sont généreusement utilisées par l’ensemble des usagers, et cela dans de nombreuses circonstances, autrement dit à chaque fois qu’on nous aborde puisque dans le métro il y a une règle d’or : aucun contact visuel, aucune parole et surtout aucun effleurement. Je dois bien l’avouer, j’utilise très souvent la dernière ruse pour ne pas laisser ma place aux personnes âgées… je me dis que quelqu’un d’autre le fera, alors que ce n’est jamais le cas.

Après la gêne auditive, place à la gêne olfactive. On doit composer avec ceux qui sentent mauvais : la transpiration, la naphtaline, l’eau de Cologne bon marché… c’est aussi ça la proximité ! Je rappelle d’ailleurs pour ceux qui l’ignorent que la transpiration n’est pas une fatalité. Un petit effort les mecs : un bon déodorant et une douche tous les jours devraient déjà arranger les choses. Surtout que, faute de climatisation, le métro est une fournaise permanente. On peut d’ailleurs percevoir les goutes de transpiration ruisseler le long du front ou du cou de certains. Et vas-y que ça s’essuie avec la main avant de la remettre sur la barre… la fameuse ! Le pire c’est en été lorsque les peaux moites se collent les unes aux autres. Merci à l’inventeur du marcel au passage.

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Mais mes narines sont surtout mises à rudes épreuves le dimanche matin, jour du Seigneur et des vomis. Je tiens ainsi à chaleureusement remercier les jeunes alcooliques du samedi soir qui laissent les trains dans un état lamentable. Nouilles baignant dans une substance rose et qui coule le long des sièges, odeur cramoisie qui se propage dans toute la rame… c’est un régal (et c’est le cas de le dire). Je me retrouve, comme la plus part des gens, à hyper ventiler dans mon écharpe jusqu’à l’évanouissement. Et oui je suis trop feignante pour changer de wagon, enfin quand c’est possible parce que maintenant avec les nouvelles lignes, le métro n’est qu’un très long et sinueux serpent sans aucune séparation. Au moins pas de jaloux, tout le monde profite de l’odeur qui se faufile délicatement et qui nous arrive en pleine figure grâce à l’appel d’air des fenêtres ouvertes. Pour ma part, je n’ai jamais dégobillé entre les sièges. Je vomi sur le quai, dans un petit coin pour ne pas empêcher les gens de s’asseoir dans le wagon. C’est cela l’éducation.

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Enfin, la gêne visuelle : je parle de ces spécimens rares qui s’habillent de façon totalement fantasque. Costume jaune, chemise de bucheron, chaussettes bleues, derbies et cheveux gras. N’est pas hipster qui veut. Je ne parlerai même pas des cathos coincées n’ayant jamais vu la vierge. Chouchou dans les cheveux et crocs aux pieds… la tenue parfaite pour éloigner les dragueurs et pervers. Au secours, j’ai les yeux qui piquent.

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Par gêne visuelle, je parle également de ces petits profiteurs qui lorgnent sur mon magazine parce qu’ils s’ennuient. Je les vois, lire au dessus de mon épaule, sans aucun scrupule. Alors je précise que je ne suis pas une bibliothèque municipale, ni un kiosque à journaux. J’ai couru et fait la queue au Relay et j’ai dépensé toutes mes petites pièces pour acheter ce journal people alors arrête tes bêtises. Plus je vais te griller à regarder les belles images de mon magazine ou à lire mon roman que je vais te jeter des regards assassins. Je préfère même arrêter ma lecture et m’ennuyer profondément que de te laisser faire. C’est dire comment je suis tenace.

Avez-vous aussi remarqué que pour certains, le métro est synonyme de maison ? Non je ne parle des pas SDF (humour noir totalement inapproprié, j’en conviens) mais des usagers qui pensent que la rame est une salle de bain ou une cuisine. Et vas-y que ça mange Mcdo, embaumant ainsi tout le wagon ou que ça se met du mascara la bouche ouverte, offrant une très belle vue sur les amygdales (j’exagère, ce n’est tout de même pas une gorge profonde^^). Non mais sérieusement, il n’y a rien de très convivial et surtout appétissant à manger goulument un burger sur un strapontin, tout comme il n’y a rien de très romanesque à flirter dans le wagon. Certains s’y font des démonstrations d’affection comme s’ils allaient mourir le soir même. Détendez-vous les amoureux, prenez une chambre ou faites ça dans votre chambre à coucher parce que voir vos langues s’engouffrer avec une telle vigueur dans vos bouches n’est pas très ragoûtant.

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Me voilà presque arrivée à destination, je n’ai plus qu’une station et là un mec débraillé, saoul et sans doute un peu schizophrène, s’assoit à côté de moi. Et oui c’est toujours comme ça, j’attire tous les mecs bizarres du métro. C’est toujours pour ma pomme. J’essaye de me cacher, de me rendre invisible, comme lorsque je ne voulais pas être interrogée en classe mais malheureusement ça ne marche pas. Je me sens gênée, j’essaye de me faire toute petite, sourde, aveugle et muette quand tout d’un coup, les lumières s’éteignent et le métro s’arrête. « Suite à une coupure de courant, nous allons devoir stationner quelques minutes sur la voie. Merci de rester assis et de ne pas tenter d’ouvrir les portes ». Non mais sérieusement, monsieur le chauffeur, t’es un peu con ou tu le fais exprès ? Penses-tu sérieusement que je vais essayer de sortir dans le tunnel au milieu des rats, quitte à me faire broyer par le métro qui te suit ? Ok je suis coincée avec un fou dans une boîte à sardines plongée dans la pénombre alors que je suis un peu claustrophobe et que j’ai peur du noir. Mais bon je vais me contenter d’attendre de râler et de souffler. Cela dit je vais souffler encore plus fort que les autres pour montrer que je suis en plus mécontente et que je suis encore plus en retard. C’est ce que tout le monde fait non ?

Bref, je suis sûre que toutes ces situations ne vous sont pas inconnues. À la longue, elles nous font même sourire mais essayez tout de même d’être un usager modèle, qui reste à droite dans l’escalator pour laisser passer les plus pressés et de faire attention à tenir votre parapluie à l’horizontale et non sous le bras, au risque de tuer quelqu’un. C’est dangereux un parapluie, on n’y pense pas assez souvent !


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Les tribulations d’une usagère du métro : épisode 1

Lundi, novembre 24, 2014 , , , , , , , 4

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un endroit que les citadins connaissent bien. Ils doivent fréquemment l’emprunter (à contre cœur) pour se rendre d’un point A à un point B et endurer tout ce qui le qualifie : la proximité, l’odeur nauséabonde, l’hygiène douteuse, la vétusté de certaines infrastructures, les retards fréquents…
On y voit surtout défiler près de 4,13 millions de personnes par jour, nécessitant parfois une certaine attente avant de pouvoir s’y engouffrer. Non je ne vous parle pas du vagin de Zahia, bien que les deux endroits soient aussi sales et lugubres.

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Vous l’aurez probablement deviné, il s’agit du métro, ce monde souterrain, véritable enfer mobile. Un univers parallèle qui a ses propres règles et où grouillent tout un tas d’énergumènes (dont des rats) n’ayant jamais entendu parler des bonnes manières ou d’un quelconque savoir-vivre.

Et ça commence dès l’entrée du métro où je me sens scrutée par des regards inconnus. Ce ne sont rien d’autres que ces misérables petits fraudeurs qui attendent patiemment qu’un pigeon les laisse passer sans ticket. Sauf que c’est bien souvent moi le pigeon et qu’ils se faufilent pour franchir les barrières au moment où je valide mon passe Navigo.
Non mais sérieusement, je m’adresse à vous petits profiteurs : pensez-vous que je me casse le cul à payer plus de 815 €/an les éternels grévistes de la RATP afin que vous puissiez vous coller à mon popotin, ni vu ni connu ? Non seulement vous faites des économies sur mon dos mais en plus vous entrez dans mon espace vital en me serrant telle une sardine. Je m’en passerai bien, surtout le matin alors que je suis généralement de mauvaise humeur et que je n’ai qu’une envie : rester dans ma bulle sans que l’on prenne pour passe-partout de Fort Boyard.

Une fois dans l’enceinte du métro, il faut ensuite se dépêcher. Je suis à deux doigts de rater mon rendez-vous et je suis donc réglée comme une horloge suisse. Or, il y a toujours des touristes totalement perdus qui s’arrêtent sans scrupule en plein milieu du couloir. Je parle de ces petits chinois, totalement à l’ouest, qui se stoppent net alors que je tenais la cadence. Je ne peux ni doubler à gauche, ni à droite car il n’y a aucun petit espace où se faufiler tandis qu’ils restent là, à faire un pas en avant, deux en arrière tout en scrutant les panneaux, la tête levée. Alors vous, venus de je ne sais où, sachez que vous m’avez tellement retardée tout au long de mes multiples trajets en métro, que j’ai pris la décision de toujours vous indiquer le chemin inverse ! Lorsque vous voudrez aller au Louvres, je vous indiquerai la direction de Pigalle et lorsque vous chercherez « The Eiffel Tower », je vous guidai vers Montparnasse. Au moins, je serai certaine de ne pas me retrouver dans la même rame de métro que vous, à devoir me farcir vos multiples valises collées contre les strapontins et qui m’empêchent de m’asseoir. Et puis, faites un effort sur l’accent, c’est vraiment insupportable. Et surtout, arrêtez de cracher n’importe où. C’est vraiment répugnant.

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Après les avoir induit en erreur, je me retrouve à aider une jeune femme qui attend depuis maintenant 5 bonnes minutes qu’un homme daigne l’aider à descendre sa poussette. Oui enfin elle peut attendre longtemps la pauvre. La gente masculine baisse lamentablement les yeux comme si elle n’avait rien vu. Généralement je fais l’effort de l’aider parce que je serai bien contente le jour où j’aurai des mioches. Mais je dois bien avouer que ça me fait un peu chier de soulever son gosse de 3 ans qui aurait tout de même pu faire l’effort de descendre de sa carriole. Je me retrouve ainsi à me casser le dos, la jupe me remontant jusqu’à la culotte pour l’emmener, tel un prince, en bas des escaliers. Le pire c’est que je serai sûrement dans le même wagon, en train de me contorsionner afin d’éviter cette maudite poussette qui prendra toute la place. J’en profite d’ailleurs pour féliciter les mamans qui ont trouvé le meilleur moyen pour emmerder les usagers : mettre la poussette pile devant la porte. C’est d’une intelligence folle. À cause de vous, je ne peux même pas me mettre en pôle position, la main sur la poignée, pour sortir la première. Vous ruinez décidément tout mon planning.

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J’arrive enfin sur le quai et tout d’un coup j’aperçois une queue qui s’étend; Par queue, j’entends une file d’attente (je vous ai vu venir petit coquin). Elle s’impatiente, se déhanche et se pousse. Encore un retard. Sûrement la CGT qui fait encore des siennes ou un suicide. Il va falloir que les agents nettoient et pour cela arrêter le trafic. Encore un égoïste qui n’a pensé qu’à lui ! En plus, aucune information ne filtre, le panneau lumineux clignote me laissant dans le désespoir. En attendant, j’essaye de me positionner sur le quai au niveau de la sortie de la station à laquelle je descendrai pour gagner du temps (avouez, vous le faites aussi).

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Que c’est long d’attendre le métro. Je m’ennuie alors j’écoute et j’observe. Enfin surtout j’écoute ce que l’on me force à entendre. Vous me suivez ?! Par exemple, je me retrouve à côté d’un mec qui doit avoir les tympans complètement crevés tant il écoute fort Christophe Mae dans son casque. C’est un véritable enfer auditif à subir dès le matin. Car oui, à partir du moment où vous êtes capable d’entendre la musique de l’individu se tenant à proximité, c’est que c’est toujours, mais alors toujours une bouse musicale. Notre ouïe est aussi agressée par les enfants qui pleurnichent et par les demoiselles qui crient dans leur téléphone comme si elles étaient seules au monde. Et oui très chère, tout le monde a entendu que tu avais demandé une épilation intégrale à ton esthéticienne pour ton rencard avec Joseph ou qu’Antoinette t’a posé un lapin la veille . On entend aussi les menteurs du dimanche « oui je suis là dans 5 minutes, je suis dans le métro à Bastille, j’arrive ». Tu parles ça fait déjà 10 minutes qu’on poirote et en plus on est à Concorde. Je distingue également les regards lubriques essayant tant bien que mal de voir en transparence sous les mini-jupes ou les mecs, qui l’air de rien, se retournent sur le passage des bombasses. C’est d’une telle discrétion messieurs mais surtout c’est tellement intrusif.

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Je le répète, la femme n’est pas un bout de viande et surtout elle aime les endroits romantiques où on pourra lui faire la cour ! Cette petite remarque pour les Casanova de Clichy-sous-Bois qui pensent que le métro est l’endroit idéal pour draguer. Personnellement, tu auras beau me dire « oueh, ton père c’est un voleur, il a volé les étoiles pour les mettre dans tes yeux ! » que ça n’y changera rien. Tu me fais de la peine parce que je vois bien que tu crois à fond à ta technique de séduction mais retourne au bac à sable, je pense que c’est plus de ton âge.

Le métro arrive enfin tandis que le haut parleur nous remercie de notre compréhension. Sérieusement, il faudrait cesser de diffuser ce message parce qu’on a plus envie de casser la gueule aux prochains agents de la RATP que l’on croisera plutôt que d’être compréhensifs. Les portes s’ouvrent et c’est la cohue. Les femmes et les enfants d’abord devrait-on crier, comme sur le Titanic ! Comme souvent, les gens poussent vers l’intérieur du wagon.

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Dans la précipitation, je me retrouve écrasée dans le fond, contre les vitres crasseuses, les semelles des chaussures collées sur le sol. Cela dit c’est toujours mieux que d’être coincée sous les aisselles des plus grands, respirant leur sueur matinale ou au niveau de l’entrejambe de ces messieurs (nains et enfants sont évidemment les seuls concernés). Mais sachez-le, c’est insupportable de vous voir foncer dans le tas. Lorsque je suis moi-même passagère et que je dois sortir, j’ai peur de ce troupeau de vaches qui se bouscule et piétine tout sur son passage. Du coup, je reste maintenant devant la porte en plein milieu et je sors au dernier moment lorsque le « bip » sonne, quitte à faire descendre les impolis.

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Évidemment il y a toujours ceux qui continuent de pousser alors qu’il n’y a plus de place et au bout de quelques minutes, ça part en eau de boudin. Ça crie, ça s’insulte et parfois même ça se tape dessus. Généralement je ne m’en mêle pas, ça me fait une animation pendant le trajet. Vous avez aussi probablement remarqué l’indécis qui hésite à entrer dans la rame et qui attend que le signale sonore retentisse avant de sauter dans le wagon. Le pire c’est quand son sac reste coincé entre les deux portes (j’attends le jour où ce seront des extensions capillaires). Je préfère vous prévenir si cela vous arrive : comme beaucoup de personnes, je vous regardai avec mépris et je ne vous aiderai pas à vous dépatouiller de cette situation inconfortable. Il ne fallait pas me mettre davantage en retard.


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La lettre de motivation… quelle corvée !

Décrocher un emploi de nos jours s’avère compliqué, surtout dans la communication. Il y a, chaque jour, très peu d’offres pour beaucoup de candidats. Il apparaît donc essentiel de se démarquer, surtout pour intégrer une rédaction féminine. J’ai donc tenté une lettre de motivation teintée d’originalité qui aura eu le mérite d’attirer l’attention d’au moins une journaliste !

« Madame, monsieur (merci d’autoriser l’intégralité du contenu pour l’affichage des GIF)

Vous vous souvenez de vos années d’études où Pierre, Paul et Jacques vous ont appris à faire une lettre de motivation ? Pendant longtemps j’ai moi-même suivi les instructions de ces énergumènes chauves à lunettes, au pantalon côtelé et pull jacquard ; Et avec du recul je sais maintenant pourquoi je n’obtenais pas les retours escomptés. C’est tout simplement parce que mes lettres étaient d’un ennui profond. Je pourrais même dire, en toute objectivité, qu’elles étaient aussi soporifiques que le père Fouras de Fort Boyard et que pour rien au monde elles n’auraient fait sourire Anna Wintour.

Anna Wintour

Alors aujourd’hui, je vais être plus audacieuse pour vous faire part de mon envie fracassante et débordante de travailler en tant que rédactrice (print ou web), ou assistante pour XYZ. De toutes façon, je n’ai rien à perdre. La crise, le nombre incalculable de candidatures dans vos boîtes mail, les stagiaires qui placent déjà leurs billes, les pigistes… on ne va pas se leurrer, je n’ai que peu de chance. Mais je reste optimiste. Et pour vous convaincre, j’ai ma méthode !

Version petite annonce (voix off sensuelle)

Jeune femme au physique de Bridget Jones (je viens de perdre mon auditoire masculin), recherche job sérieux pour relation longue durée.

Diplômée de l’EFAP, séparée des agences Textuel La Mine et Meanings, je suis aujourd’hui en manque de relations professionnelles passionnées.

Rédactrice en chef adjointe, mariée pendant 3 ans au consumer magazine féminin « Instants ». Une union fructueuse et pleine d’amour dont naquirent chaque semaine 690 000 exemplaires distribués partout en France.

Jeune femme fidèle et dévouée quotidiennement : réalisation des tâches journalières (rédaction du contenu : mode, beauté, décoration, voyage, culture, phénomènes de société, tendance. Recherche iconographique et interviews) ; gestion du foyer conjugal (suivi de production et relations commerciales) ; éducation des enfants (management de l’équipe : DA, maquettiste, photographe, styliste, SR, correctrice) ; anticipation des besoins du ménage (préparation des sommaires 3 mois en amont) ; prise de rendez-vous avec le corps médical si nécessaire (prestataires externes) ; respect du pouvoir d’achat et du planning familial (budget et délais).

Aventure extra-conjugale en CMS avec le site Lamacrelle.com dont je suis l’auteur (non, il ne s’agit pas d’un blog sexuel, j’utilise simplement mon nom avec beaucoup d’autodérision).

Birdget Jones

Version désespérée (supplication à genoux)

Soyez-en sûrs, je suis très intéressée par votre magazine et cela depuis des années. Même si j’ai de l’expérience et les compétences pour intégrer votre rédaction, je suis prête à servir le café si nécessaire et à installer ma chaise de bureau à la photocopieuse. Je sais pertinemment que vous devez crouler sous les demandes mais je suis d’une détermination sans limite. Demandez moi de manger des graines comme Gwyneth Paltrow, de me tordre les chevilles en portant les Armadillo d’Alexander McQueen ou de danser un twerk endiablé comme Miley Cyrus, je le ferai sans sourciller. Je n’ai que très peu de dignité comme vous pouvez le constater. C’est cela d’être passionnée.

Miley Cyrus

Version prétentieuse (tête à claques)

Ma mère m’a toujours interdit de parler aux inconnus. Pourtant, j’avoue avoir très envie de converser avec vous. Alors sachez que vous qui lisez ce mail, vous m’intéressez. Enfin, sans être trop entreprenante, je dirais que votre job m’intéresse mais je n’oserai vous le prendre. Travailler à vos côtés me suffira amplement.

Rencontrons-nous rapidement car je sais que je suis LA personne que vous devez intégrer parmi vos effectifs. J’apporterai l’œil neuf de la jeunesse dont vous devez cruellement manquer. Je n’ai pas encore eu l’opportunité d’exercer mon savoir-faire au sein d’une rédaction mais j’ai travaillé en agence sur moult supports éditoriaux. Aujourd’hui j’ai conscience que chacun se tire la bourre mais je compte en réalité sur un congé maternité ou un départ à la retraite pour prendre la place de quelqu’un. Bien entendu, je salue votre sens de l’humour pour prendre tout cela au second degré !

Mariah Carey

Enfin, vous devez probablement vous souvenir de l’ouverture demandée par vos professeurs en fin de dissertation. Bien que cette lettre n’en soit pas une, je terminerai ainsi: Est-il préférable de choisir un candidat « labellisé » ou une personne avec de l’expérience, tout aussi passionnée que motivée et qui, consciente de sa chance, fera tout pour se dépasser et satisfaire les exigences de ses employeurs ? Je vous le demande !

Vous trouverez mon CV tout en bas de ce mail (encore un peu de scroll est nécessaire), et si vous le désirez je vous concocte une lettre de motivation plus générique.

Si vous me donnez ma chance, je vous promets des moments de franches rigolades,

Mad Men

des cadeaux sympas pour célébrer les fêtes de fin d’année,

Friends

et le numéro de Ryan Gosling  en prime (ou d’Émily Ratajkowski).

Ryan Gosling

Valentine Macrelle »


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Les actualités sans intérêt de mes connaissances Facebook (attention, perte d’une vingtaine d’amis annoncée dans 2 mn)

Chers amis ou connaissances, pourquoi ressentez-vous le besoin permanent d’exposer le moindre détail de votre vie privée sur Internet ?
Voici une question que je me pose à chaque fois que je me connecte.

En effet, à peine ouverte, ma page Facebook est envahie de publications véritablement inutiles, voire même pathétiques. Pardonnez moi, je devrai y aller avec des pincettes pour ne pas heurter les sensibilités mais je ne peux retenir mon agacement. Ceux dont je parle ne partagent pas une bonne adresse, une actualité, une photo de voyage ou la vidéo d’un nouvel artiste. Non, ils parlent constamment de leur vie, de tout ce qui fait leur quotidien, du lever au coucher, et évoquent même des choses insignifiantes qui n’intéressent personne ; Leurs posts sont d’un ennui profond et me font bailler dès que je scroll (scroll : faire défiler le contenu d’un écran à l’aide de la molette de la souris ou du pavé tactile).

Alors oui Facebook est une communauté, un endroit de partage. Pour ma part j’y publie seulement ce qui peut me sembler intéressant ou drôle. Bien évidemment des brides de ma vie privée y sont exposées. Des photos de couple ou d’ami(e)s, des géocalisations dans les derniers lieux à la mode, des participations à des évènements ; On ne va pas se mentir, bien souvent Facebook sert à ça : à faire mousser notre égo et à montrer combien on a une vie géniale. On aime y afficher nos performances et nos victoires pour recevoir des encouragements ou des « applaudissements ». On aime étaler tout cela pour partager notre bonheur, notre excitation ou même parfois pour faire envie. Par conséquent, si l’on se fie à cela, Facebook est une vitrine branchée, cool et attirante que l’on admire et commente.

Or, depuis quelques temps maintenant, je ne vois plus d’actualités de ce genre mais davantage des publications stériles, bien loin de m’enthousiasmer. Facebook est devenu un espace vide de toutes substances. Je ne comprends pas ce nouveau phénomène qui m’exaspère de plus en plus et qui vise à raconter toute sa journée, dans son intégralité au point de tout, mais alors tout dire, même les choses les plus intimes. Dès 8h du matin, les statuts « j’ai mal dormi, bébé a pleuré dès 3h du matin », « je suis de mauvaise humeur, pas envie d’y aller » ou « j’ai toussé toute la nuit, je suis exténuée » se multiplient. On a ensuite le droit à la météo matinale grâce à la photo prise du tableau de bord de la voiture. Certains publient quant à eux sur Facebook le cliché de leur compteur kilométrique pour prouver que la circulation est fluide. Merci Bison Futé. Vers midi, les posts « vivement la pause déjeuner, j’en peux plus » et « sandwich au poulet fait par Bibi !» se propagent. Enfin vient le soir où vous prenez en photo les bouchons parisiens puis votre plateau repas avant de préciser le film que vous allez regarder. Pour terminé, rien de mieux que la photo où vous êtes en petite tenue pour dire bonne nuit à vos amis virtuels. Bien entendu le tout accompagné du commentaire « bonne nuit, bisous de nous ! ». Absolument horripilant. Achetez-vous une vie, des amis, un chat… mais lâchez votre écran car bientôt, vous allez détailler les minutes passées aux toilettes et la couleur de vos excréments.

Autres exemples de publications inintéressantes : dernièrement j’ai vu sur ma page d’actualité la photo d’un aspirateur nouvellement acheté. Personnellement je n’en ai strictement rien à foutre (et pardon pour ma vulgarité). Apparemment il a un manche télescopique et une tête triangulaire pour aller dans les coins. Visiblement, la personne concernée est très excitée à l’idée de s’en servir puisqu’il l’empêchera ainsi d’avoir mal au dos. J’ai aussi appris au fil des semaines que son cadet avait 39°C de fièvre, que la petite avait 4 dents qui poussaient en même temps et que son mari avait tâché sa chemise avec du coulis de framboises. Une chose est sûre, tout cela intéressa plus son médecin ou son teinturier que son cercle d’amis. Mais régulièrement, j’apprends aussi tout un tas de choses dont je me fiche éperdument : que le chien a une tumeur, que le chat a griffé les rideaux, que la grand-mère est championne de mots croisés, que papi s’est fait opérer de la cataracte, que la prof de fitness n’a pas prévenu de son absence, que le rôti a brûlé dans le four, que la nouvelle voisine est une vraie conne et qu’elle est folle amoureuse de son cher et tendre (en témoignent les commentaires mielleux qu’ils s’échangent sur leur profil respectif)… bref sérieusement pourquoi divulguer tout cela ?

De temps en temps, pourquoi pas mais tout le temps c’est lassant. Je rappelle donc que Facebook n’est pas un journal intime, ni un lieu destiné à plomber le moral des autres.
Alors cessez de mettre des statuts ambigus sur vos profils pour régler vos comptes avec votre entourage. Faites-le en privé bordel de merde ! Je ne parle même pas des statuts déprimés qui ont pour seule utilité d’attirer l’attention, du genre « trop déçu, si j’avais su… ». On prend alors le temps de leur demander ce qui ne va pas et leur réponse est « désolé, je n’ai pas envie d’en parler ». De vraies têtes à claques. Le pire c’est quand, en plus, ces personnes s’auto-like parce que personne ne l’a fait. Je crois qu’on atteint, à ce stade, le fond du gouffre. Par ailleurs, sachez que les personnes décédées n’ont pas de wifi et ne vont pas pouvoir lire les déclarations pleines de bons sentiments que vous leur faites sur Facebook. C’est dommage, mais c’est comme ça. Essayez de vous recueillir autrement, dans l’intimité.

Ce réseau social n’est pas non plus le carnet de santé virtuel de vos enfants. Ils peuvent avoir 40° de fièvre, chier à côté de leur pot ou vomir sur les murs, ça ne changera rien, on s’en fiche royalement.

Enfin, ce n’est pas un téléphone portable ! Autrement dit, les « hey copine, toujours ok pour le sport ? », « Salut, ça va ? » ou « alors je serai un peu en retard », on évite. Nous n’avons pas à connaître toutes ces informations. Ne confondez pas texto et statut. Ou posez vos questions par message privé. C’est une alternative.

Facebook est déjà une véritable carte d’identité virtuelle où la profession, la sexualité et les orientations politiques et religieuses y sont renseignées. Ne trouvez-vous cela pas assez ? Votre vie n’est-elle pas assez disséquée par les grandes entreprises auxquelles vos données sont vendues pour que vous trouviez encore le moyen d’en dire plus ?

Alors, dites moi, faites-vous cela par narcissisme, exhibitionnisme ou par besoin d’attention ? N’oubliez pas qu’il est important de garder secret quelques petites choses. On sait désormais tout de vous mais aussi de vos enfants, qui eux, n’ont pas choisi d’être exposés. Et n’oubliez pas que tout ce vous postez ou publiez appartient ensuite à Facebook, y compris les photos de vos mioches.


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