Les tribulations d’une usagère du métro : épisode 2

Mardi, novembre 25, 2014 , , , , , , 6

Le métro démarre enfin et là je remarque des cadres supérieurs d’une cinquantaine d’années qui se croient tout permis et s’assoient les cuisses écartées sur les strapontins. Déjà qu’il n’y a pas de place, ils ne laissent en plus que très peu d‘espace à la personne restée debout à leurs côtés. Sachez messieurs que non seulement vous manquez d’éducation mais qu’en plus cette position ne vous avantage guère. On peut joliment observer votre service trois pièces écrasé dans votre pantalon à pinces. C’est d’un seyant…

Mais il y aussi des petits égoïstes qui s’accrochent à la barre comme si leur vie en dépendait. Tu te sens concerné ? Ça tombe bien parce qu’une mise au point s’impose. Celle-ci n’est pas ta propriété, tu ne l’as pas achetée, tu dois donc la prêter à tes voisins qui essayent, tant bien que mal, de rester en équilibre, tel des surfeurs, lorsque les conducteurs freinent brusquement. Ça ne sert à rien de lui faire un câlin en la serrant très fort dans tes bras ou de te tenir contre elle en appuyant ton dos car de toute façon je m’y tiendrai coute que coute. C’est mon radeau, ma bouée de sauvetage pour ne pas me retrouver coincée dans la posture du manchot guidé par les mouvements de la foule. Il ne manquerait plus que tu sois non seulement accroché à la barre comme une moule à son rocher mais qu’en plus tu portes un sac à dos, bien droit sur tes épaules. Mais pose le bordel ! Tu ne vois pas que tu me le mets dans la tronche à chaque fois que le métro fait un à-coup !

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D’ailleurs, entre nous c’est peut-être un peu stupide de vouloir absolument rester accrocher à cette barre lorsque l’on sait qu’elle est infestée de bactéries. Dites vous qu’on peut y trouver des excréments (oui comme dans les cacahuètes), des restes d’urine (je pense aux petits cochons qui ne se lavent pas les mains après avoir touché leur pénis), des microbes (Ébola qui sait ? Humour !), des particules d’écoulements nasales et même de la salive. Oui j’ai déjà eu l’occasion d’observer des enfants la lécher. Visiblement elle devait avoir bon goût vu l’insistance avec laquelle il l’embrassait goulument et lassaient traîner leur langue. Bref, c’est vraiment la merde. Mettez au moins des gants, ça pourra peut-être limiter les dégâts.

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Bref, les portes se ferment enfin et là… horreur ! J’aperçois les accordéonistes qui baladent leur chariote d’un wagon à un autre, diffusant « Mon amant de Saint-Jean » ou « Padam Padam ». Ils débarquent toujours lorsque les portes se ferment, moment même où tu ne peux plus t’échapper. Je tente tout de même de monter le son de mes écouteurs jusqu’à me faire saigner les tympans mais ils sont trop forts pour moi, leur son si mélodieux parvient à couvrir C2C. Je suis piégée, obligée d’écouter leur sérénade sans pouvoir sauter du wagon en marche pour y échapper.

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Ils passent ensuite pour réclamer une petite pièce. Et là, soyons francs, nous réagissons tous de la même façon : nous baissons les yeux (genre ne viens pas par ici, je ne te donnerai rien), nous faisons semblant d’être au téléphone (je suis occupé sinon je t’aurai donné quelque chose c’est certain), nous lisons un magazine en le mettant bien haut devant nos yeux (mince je ne t’ai pas vu !) ou le meilleur de tous, nous faisons semblant de dormir (ça marche à tous les coups). Bien entendu toutes ces petites feintes sont généreusement utilisées par l’ensemble des usagers, et cela dans de nombreuses circonstances, autrement dit à chaque fois qu’on nous aborde puisque dans le métro il y a une règle d’or : aucun contact visuel, aucune parole et surtout aucun effleurement. Je dois bien l’avouer, j’utilise très souvent la dernière ruse pour ne pas laisser ma place aux personnes âgées… je me dis que quelqu’un d’autre le fera, alors que ce n’est jamais le cas.

Après la gêne auditive, place à la gêne olfactive. On doit composer avec ceux qui sentent mauvais : la transpiration, la naphtaline, l’eau de Cologne bon marché… c’est aussi ça la proximité ! Je rappelle d’ailleurs pour ceux qui l’ignorent que la transpiration n’est pas une fatalité. Un petit effort les mecs : un bon déodorant et une douche tous les jours devraient déjà arranger les choses. Surtout que, faute de climatisation, le métro est une fournaise permanente. On peut d’ailleurs percevoir les goutes de transpiration ruisseler le long du front ou du cou de certains. Et vas-y que ça s’essuie avec la main avant de la remettre sur la barre… la fameuse ! Le pire c’est en été lorsque les peaux moites se collent les unes aux autres. Merci à l’inventeur du marcel au passage.

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Mais mes narines sont surtout mises à rudes épreuves le dimanche matin, jour du Seigneur et des vomis. Je tiens ainsi à chaleureusement remercier les jeunes alcooliques du samedi soir qui laissent les trains dans un état lamentable. Nouilles baignant dans une substance rose et qui coule le long des sièges, odeur cramoisie qui se propage dans toute la rame… c’est un régal (et c’est le cas de le dire). Je me retrouve, comme la plus part des gens, à hyper ventiler dans mon écharpe jusqu’à l’évanouissement. Et oui je suis trop feignante pour changer de wagon, enfin quand c’est possible parce que maintenant avec les nouvelles lignes, le métro n’est qu’un très long et sinueux serpent sans aucune séparation. Au moins pas de jaloux, tout le monde profite de l’odeur qui se faufile délicatement et qui nous arrive en pleine figure grâce à l’appel d’air des fenêtres ouvertes. Pour ma part, je n’ai jamais dégobillé entre les sièges. Je vomi sur le quai, dans un petit coin pour ne pas empêcher les gens de s’asseoir dans le wagon. C’est cela l’éducation.

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Enfin, la gêne visuelle : je parle de ces spécimens rares qui s’habillent de façon totalement fantasque. Costume jaune, chemise de bucheron, chaussettes bleues, derbies et cheveux gras. N’est pas hipster qui veut. Je ne parlerai même pas des cathos coincées n’ayant jamais vu la vierge. Chouchou dans les cheveux et crocs aux pieds… la tenue parfaite pour éloigner les dragueurs et pervers. Au secours, j’ai les yeux qui piquent.

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Par gêne visuelle, je parle également de ces petits profiteurs qui lorgnent sur mon magazine parce qu’ils s’ennuient. Je les vois, lire au dessus de mon épaule, sans aucun scrupule. Alors je précise que je ne suis pas une bibliothèque municipale, ni un kiosque à journaux. J’ai couru et fait la queue au Relay et j’ai dépensé toutes mes petites pièces pour acheter ce journal people alors arrête tes bêtises. Plus je vais te griller à regarder les belles images de mon magazine ou à lire mon roman que je vais te jeter des regards assassins. Je préfère même arrêter ma lecture et m’ennuyer profondément que de te laisser faire. C’est dire comment je suis tenace.

Avez-vous aussi remarqué que pour certains, le métro est synonyme de maison ? Non je ne parle des pas SDF (humour noir totalement inapproprié, j’en conviens) mais des usagers qui pensent que la rame est une salle de bain ou une cuisine. Et vas-y que ça mange Mcdo, embaumant ainsi tout le wagon ou que ça se met du mascara la bouche ouverte, offrant une très belle vue sur les amygdales (j’exagère, ce n’est tout de même pas une gorge profonde^^). Non mais sérieusement, il n’y a rien de très convivial et surtout appétissant à manger goulument un burger sur un strapontin, tout comme il n’y a rien de très romanesque à flirter dans le wagon. Certains s’y font des démonstrations d’affection comme s’ils allaient mourir le soir même. Détendez-vous les amoureux, prenez une chambre ou faites ça dans votre chambre à coucher parce que voir vos langues s’engouffrer avec une telle vigueur dans vos bouches n’est pas très ragoûtant.

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Me voilà presque arrivée à destination, je n’ai plus qu’une station et là un mec débraillé, saoul et sans doute un peu schizophrène, s’assoit à côté de moi. Et oui c’est toujours comme ça, j’attire tous les mecs bizarres du métro. C’est toujours pour ma pomme. J’essaye de me cacher, de me rendre invisible, comme lorsque je ne voulais pas être interrogée en classe mais malheureusement ça ne marche pas. Je me sens gênée, j’essaye de me faire toute petite, sourde, aveugle et muette quand tout d’un coup, les lumières s’éteignent et le métro s’arrête. « Suite à une coupure de courant, nous allons devoir stationner quelques minutes sur la voie. Merci de rester assis et de ne pas tenter d’ouvrir les portes ». Non mais sérieusement, monsieur le chauffeur, t’es un peu con ou tu le fais exprès ? Penses-tu sérieusement que je vais essayer de sortir dans le tunnel au milieu des rats, quitte à me faire broyer par le métro qui te suit ? Ok je suis coincée avec un fou dans une boîte à sardines plongée dans la pénombre alors que je suis un peu claustrophobe et que j’ai peur du noir. Mais bon je vais me contenter d’attendre de râler et de souffler. Cela dit je vais souffler encore plus fort que les autres pour montrer que je suis en plus mécontente et que je suis encore plus en retard. C’est ce que tout le monde fait non ?

Bref, je suis sûre que toutes ces situations ne vous sont pas inconnues. À la longue, elles nous font même sourire mais essayez tout de même d’être un usager modèle, qui reste à droite dans l’escalator pour laisser passer les plus pressés et de faire attention à tenir votre parapluie à l’horizontale et non sous le bras, au risque de tuer quelqu’un. C’est dangereux un parapluie, on n’y pense pas assez souvent !

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Les tribulations d’une usagère du métro : épisode 1

Lundi, novembre 24, 2014 , , , , , , , 4

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un endroit que les citadins connaissent bien. Ils doivent fréquemment l’emprunter (à contre cœur) pour se rendre d’un point A à un point B et endurer tout ce qui le qualifie : la proximité, l’odeur nauséabonde, l’hygiène douteuse, la vétusté de certaines infrastructures, les retards fréquents…
On y voit surtout défiler près de 4,13 millions de personnes par jour, nécessitant parfois une certaine attente avant de pouvoir s’y engouffrer. Non je ne vous parle pas du vagin de Zahia, bien que les deux endroits soient aussi sales et lugubres.

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Vous l’aurez probablement deviné, il s’agit du métro, ce monde souterrain, véritable enfer mobile. Un univers parallèle qui a ses propres règles et où grouillent tout un tas d’énergumènes (dont des rats) n’ayant jamais entendu parler des bonnes manières ou d’un quelconque savoir-vivre.

Et ça commence dès l’entrée du métro où je me sens scrutée par des regards inconnus. Ce ne sont rien d’autres que ces misérables petits fraudeurs qui attendent patiemment qu’un pigeon les laisse passer sans ticket. Sauf que c’est bien souvent moi le pigeon et qu’ils se faufilent pour franchir les barrières au moment où je valide mon passe Navigo.
Non mais sérieusement, je m’adresse à vous petits profiteurs : pensez-vous que je me casse le cul à payer plus de 815 €/an les éternels grévistes de la RATP afin que vous puissiez vous coller à mon popotin, ni vu ni connu ? Non seulement vous faites des économies sur mon dos mais en plus vous entrez dans mon espace vital en me serrant telle une sardine. Je m’en passerai bien, surtout le matin alors que je suis généralement de mauvaise humeur et que je n’ai qu’une envie : rester dans ma bulle sans que l’on prenne pour passe-partout de Fort Boyard.

Une fois dans l’enceinte du métro, il faut ensuite se dépêcher. Je suis à deux doigts de rater mon rendez-vous et je suis donc réglée comme une horloge suisse. Or, il y a toujours des touristes totalement perdus qui s’arrêtent sans scrupule en plein milieu du couloir. Je parle de ces petits chinois, totalement à l’ouest, qui se stoppent net alors que je tenais la cadence. Je ne peux ni doubler à gauche, ni à droite car il n’y a aucun petit espace où se faufiler tandis qu’ils restent là, à faire un pas en avant, deux en arrière tout en scrutant les panneaux, la tête levée. Alors vous, venus de je ne sais où, sachez que vous m’avez tellement retardée tout au long de mes multiples trajets en métro, que j’ai pris la décision de toujours vous indiquer le chemin inverse ! Lorsque vous voudrez aller au Louvres, je vous indiquerai la direction de Pigalle et lorsque vous chercherez « The Eiffel Tower », je vous guidai vers Montparnasse. Au moins, je serai certaine de ne pas me retrouver dans la même rame de métro que vous, à devoir me farcir vos multiples valises collées contre les strapontins et qui m’empêchent de m’asseoir. Et puis, faites un effort sur l’accent, c’est vraiment insupportable. Et surtout, arrêtez de cracher n’importe où. C’est vraiment répugnant.

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Après les avoir induit en erreur, je me retrouve à aider une jeune femme qui attend depuis maintenant 5 bonnes minutes qu’un homme daigne l’aider à descendre sa poussette. Oui enfin elle peut attendre longtemps la pauvre. La gente masculine baisse lamentablement les yeux comme si elle n’avait rien vu. Généralement je fais l’effort de l’aider parce que je serai bien contente le jour où j’aurai des mioches. Mais je dois bien avouer que ça me fait un peu chier de soulever son gosse de 3 ans qui aurait tout de même pu faire l’effort de descendre de sa carriole. Je me retrouve ainsi à me casser le dos, la jupe me remontant jusqu’à la culotte pour l’emmener, tel un prince, en bas des escaliers. Le pire c’est que je serai sûrement dans le même wagon, en train de me contorsionner afin d’éviter cette maudite poussette qui prendra toute la place. J’en profite d’ailleurs pour féliciter les mamans qui ont trouvé le meilleur moyen pour emmerder les usagers : mettre la poussette pile devant la porte. C’est d’une intelligence folle. À cause de vous, je ne peux même pas me mettre en pôle position, la main sur la poignée, pour sortir la première. Vous ruinez décidément tout mon planning.

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J’arrive enfin sur le quai et tout d’un coup j’aperçois une queue qui s’étend; Par queue, j’entends une file d’attente (je vous ai vu venir petit coquin). Elle s’impatiente, se déhanche et se pousse. Encore un retard. Sûrement la CGT qui fait encore des siennes ou un suicide. Il va falloir que les agents nettoient et pour cela arrêter le trafic. Encore un égoïste qui n’a pensé qu’à lui ! En plus, aucune information ne filtre, le panneau lumineux clignote me laissant dans le désespoir. En attendant, j’essaye de me positionner sur le quai au niveau de la sortie de la station à laquelle je descendrai pour gagner du temps (avouez, vous le faites aussi).

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Que c’est long d’attendre le métro. Je m’ennuie alors j’écoute et j’observe. Enfin surtout j’écoute ce que l’on me force à entendre. Vous me suivez ?! Par exemple, je me retrouve à côté d’un mec qui doit avoir les tympans complètement crevés tant il écoute fort Christophe Mae dans son casque. C’est un véritable enfer auditif à subir dès le matin. Car oui, à partir du moment où vous êtes capable d’entendre la musique de l’individu se tenant à proximité, c’est que c’est toujours, mais alors toujours une bouse musicale. Notre ouïe est aussi agressée par les enfants qui pleurnichent et par les demoiselles qui crient dans leur téléphone comme si elles étaient seules au monde. Et oui très chère, tout le monde a entendu que tu avais demandé une épilation intégrale à ton esthéticienne pour ton rencard avec Joseph ou qu’Antoinette t’a posé un lapin la veille . On entend aussi les menteurs du dimanche « oui je suis là dans 5 minutes, je suis dans le métro à Bastille, j’arrive ». Tu parles ça fait déjà 10 minutes qu’on poirote et en plus on est à Concorde. Je distingue également les regards lubriques essayant tant bien que mal de voir en transparence sous les mini-jupes ou les mecs, qui l’air de rien, se retournent sur le passage des bombasses. C’est d’une telle discrétion messieurs mais surtout c’est tellement intrusif.

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Je le répète, la femme n’est pas un bout de viande et surtout elle aime les endroits romantiques où on pourra lui faire la cour ! Cette petite remarque pour les Casanova de Clichy-sous-Bois qui pensent que le métro est l’endroit idéal pour draguer. Personnellement, tu auras beau me dire « oueh, ton père c’est un voleur, il a volé les étoiles pour les mettre dans tes yeux ! » que ça n’y changera rien. Tu me fais de la peine parce que je vois bien que tu crois à fond à ta technique de séduction mais retourne au bac à sable, je pense que c’est plus de ton âge.

Le métro arrive enfin tandis que le haut parleur nous remercie de notre compréhension. Sérieusement, il faudrait cesser de diffuser ce message parce qu’on a plus envie de casser la gueule aux prochains agents de la RATP que l’on croisera plutôt que d’être compréhensifs. Les portes s’ouvrent et c’est la cohue. Les femmes et les enfants d’abord devrait-on crier, comme sur le Titanic ! Comme souvent, les gens poussent vers l’intérieur du wagon.

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Dans la précipitation, je me retrouve écrasée dans le fond, contre les vitres crasseuses, les semelles des chaussures collées sur le sol. Cela dit c’est toujours mieux que d’être coincée sous les aisselles des plus grands, respirant leur sueur matinale ou au niveau de l’entrejambe de ces messieurs (nains et enfants sont évidemment les seuls concernés). Mais sachez-le, c’est insupportable de vous voir foncer dans le tas. Lorsque je suis moi-même passagère et que je dois sortir, j’ai peur de ce troupeau de vaches qui se bouscule et piétine tout sur son passage. Du coup, je reste maintenant devant la porte en plein milieu et je sors au dernier moment lorsque le « bip » sonne, quitte à faire descendre les impolis.

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Évidemment il y a toujours ceux qui continuent de pousser alors qu’il n’y a plus de place et au bout de quelques minutes, ça part en eau de boudin. Ça crie, ça s’insulte et parfois même ça se tape dessus. Généralement je ne m’en mêle pas, ça me fait une animation pendant le trajet. Vous avez aussi probablement remarqué l’indécis qui hésite à entrer dans la rame et qui attend que le signale sonore retentisse avant de sauter dans le wagon. Le pire c’est quand son sac reste coincé entre les deux portes (j’attends le jour où ce seront des extensions capillaires). Je préfère vous prévenir si cela vous arrive : comme beaucoup de personnes, je vous regardai avec mépris et je ne vous aiderai pas à vous dépatouiller de cette situation inconfortable. Il ne fallait pas me mettre davantage en retard.

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Un cinéma poétique

La semaine dernière c’était week-end culturel en perspective. On s’est dit, avec mon cher et tendre, qu’une petite exposition serait la bienvenue pour réveiller nos cerveaux embués par la pollution télévisuelle.

D’un pas décidé nous nous sommes dirigés vers le musée du quai Branly lorsque nous sommes tombés dans un cortège de seniors, de catholiques et d’enfants déguisés criant des slogans affligeants du type : «  la France a besoin d’enfants, pas d’homosexuels ». Pas de doute, nous étions piégés au cœur de la Manif pour tous. Mais comment peut-on oser dire ce genre de choses à notre époque et dans un pays comme le notre ? À l’entente de ces mots puants et honteux nous avons décidé de fuir vers un coin plus calme.

Et c’est là que nos pas nous menèrent vers un petit cinéma de quartier du 7e arrondissement tout près des Invalides. Jusque là, rien d’original sauf que celui-ci est classé monument historique depuis 1990. Ce cinéma d’art et d’essai est une pagode installée dans un véritable jardin japonais. Frayez-vous un chemin parmi les bambous qui encerclent le cinéma et installez-vous à l’une des tables pour boire un thé avant votre film. Vous pourrez ainsi en profiter pour vous relaxer et admirer l’architecture et les sculptures. C’est une véritable parenthèse enchantée, une petite enclave poétique bien à l’abri de la frénésie urbaine.

Un lieu d’autant plus surprenant lorsque l’on découvre que la salle principale (il y en a deux) est située dans la pagode elle-même. Pour la petite histoire, cet endroit qui date du 19e siècle, était à l ‘origine une salle de bal commanditée par monsieur Morin, directeur du Bon Marché, qui voulait en faire cadeau à son épouse. Dans les années 30, elle fut transformée en salle de cinéma diffusant des films d’auteurs. Aujourd’hui, vous pouvez vous y rendre pour découvrir les derniers chefs-d’œuvre de Woody Allen et de Pedro Almodovar tout en contemplant les fresques et les dorures exceptionnelles de cet endroit. Un endroit atypique, coupé du monde, à découvrir absolument.

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Culture urbaine & street food

Si vous n’avez pas encore de plan pour demain, sortez faire un tour à l’heure du déjeuner. Laissez vos pas vous mener vers Le Carreau du Temple, le nouveau lieu à la mode du 3e arrondissement. Ce week-end, cet endroit se transforme en temple de la street food, autrement dit de la cuisine de rue. La promenade gustative qui vous attend va faire saliver vos papilles ! Baladez-vous au milieu des food-trucks rassemblés pour l’occasion, participez à l’un des barbecues géants, goûtez aux cocktails expérimentaux du bar, découvrez les installations insolites ou installez-vous tout simplement aux tables géantes situées dans les Halles. Celles-ci accueillent gratuitement les visiteurs pour déguster, dans une ambiance de franche camaraderie, de délicieux mets et de savoureuses boissons. Le parrain de cet événement n’est autre que le célèbre chef Thierry Marx qui a prévu de concocter de bons petits plats sous vos yeux ébahis.

Mais bien plus qu’un événement culinaire, ce rendez-vous est aussi un festival urbain où l’on parle musique, sport et culture.

En effet, une exposition qui se nomme « Ma cantine en ville » y est organisée, tout comme des ateliers de street food, des cours de sport, des sets de DJ et des projections. Plus de 600 photos et bandes sonores de films et concerts seront diffusées en partenariat avec le festival Kiosquorama.

Rendez-vous sur le site pour connaitre le programme !

 

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Damoiselles, damoiseaux, allons chez Monseigneur

Vendredi, septembre 12, 2014 , , , , , 2

On profite en ce moment d’un climat plutôt agréable, digne d’un été indien. Pour autant, le froid et la pluie vont vite revenir frapper à notre porte, nous obligeant ainsi à abandonner les terrasses et à nous mettre à l’abri. L’occasion de tester les nouveaux clubs « couverts » de la capitale comme Le Monseigneur qui ouvre ses portes ce soir (le 12/09) au 94 rue d’Amsterdam !

Donc, si vous n’avez rien de prévu, rendez-vous à la soirée de pré-ouverture de ce temple du clubbing qui a pris ses quartiers dans un ancien cabaret russe des années 30. Près de 400 personnes peuvent y pénétrer, à la fois pour profiter d’une programmation house, disco, hip-hop et techno, mais aussi pour assister à des concerts, aftershows et showcases d’artistes français et d’invités internationaux.

Situé près de Pigalle, dans le 9e, ce nouveau lieu est tenu par des membres de Sonotown, de 75021, de Vice et du Baron qui ont bien l’intention de proposer « des expériences inédites mêlant qualité et intimité dans une ambiance chaude et festive » ! De belles promesses qui seront, sans aucun doute, tenues avec cette équipe d’expérimentés aux commandes.

Pour connaître la programmation à venir, allez sur la page Facebook ou sur le site du club.
Ils vous tiendront informer des artistes présents le week-end mais aussi pendant la semaine à partir du 9 octobre!

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Miss Kô m’a mise K.O !

Vous cherchez un restaurant qui sort de l’ordinaire, tant par sa décoration que par ses assiettes ? Laissez vos petits petons vous mener chez Miss Kô. Détenu par le grand Starck qui est également l’auteur de son design atypique, ce restaurant se situe avenue Georges V près de Louis Vuitton. Suivez les touristes asiatiques sur les Champs et vous tomberez forcément dessus ! Une fois devant l’entrée, faufilez-vous derrière le grand rideau en velours et patientez quelques instants à l’accueil le temps qu’une hôtesse vous place. Cela vous permettra d’admirer ce drôle de décor fantasmagorique mêlant couleurs chaudes, théières en papier suspendues et fresques manga érotiques.

Vous avez ensuite la possibilité de choisir entre 4 emplacements différents: le centre qui reflète un peu une ambiance de cantine assez bruyante avec des petites tables très rapprochées. Le comptoir où vous pourrez y contempler les informations ou les diverses petites animations grâce aux écrans de télévision placés à l’intérieur de celui-ci. Sinon vous pouvez toujours vous installer dans un coin plus intime près de la terrasse ou même sur celle-ci afin de profiter de la petite brise du soir. Ensuite c’est parti pour la commande.

La liste des cocktails est assez minime mais vous pouvez toujours miser sur un saké, une coupe de champagne ou un bubble tea aux perles du Japon qui craquent sous la dent, laissant un liquide suave éclater en bouche. En guise d’apéritif, commandez les nems. Elles sont exquises avec leurs arômes épicés, le croquant de leurs graines de sésame et la douceur sucrée de la sauce au chili qui les accompagne. Pour le plat, le choix est vaste et surtout difficile car tout est bon. Burgers aux parfums d’orient, coquilles Saint-Jacques aux petits légumes et nouilles sautées, poulet au riz coco et chutney de tomate ou bo bun aux cacahuètes à base de crevettes ou de poulet. Une gastronomie aux saveurs inédites puisque roquefort, miel et foie gras s’incrustent dans les gyozas et les sushis.

Pour la note sucrée qui vient clôturer le repas, choisissez le dessert à base de meringue, de mangue et de framboise. Frais et léger, il apportera une touche de douceur en bouche. Pour conclure : un restaurant qui en met plein les papilles et les pupilles. C’est beau et c’est bon.

Miss Kô
51 Avenue George V,
75008 Paris

www.miss-ko.com

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Un déjeuner chez Auguste

Si vous trainez du côté de Bastille vers la rue de Lappe et que l’heure du déjeuner approche, dirigez-vous dans la rue Saint-Sabin, devant le numéro 10. Vous allez atterrir devant une grande devanture au nom d’Auguste qui réunit deux boutiques sous la même enseigne.

La première est un concept-store qui propose toute une sélection de bijoux, de sneakers, de casquettes, de Van’s collector et de fringues assez originales aux imprimés réalisés par des graffeurs.

Mais c’est sur la seconde boutique que nous allons nous attarder. Il s’agit d’une petite cantine essentiellement fréquentée par les habitués du quartier, les étudiants des écoles alentours et probablement les potes des cuistos. Des petits chanceux qui se gardent bien de divulguer le nom de leur lieu favori pour continuer de déjeuner en paix sans être dérangés par de nouveaux clients.

Le cadre est sans chichi, minimaliste. L’espace est simplement aménagé par des tables blanches, quelques chaises, des banquettes collées contre un mur en briques et une grande ardoise où sont notés les plats. L’ambiance y est conviviale. Pour peu on pourrait s’y méprendre et se croire chez des amis qui nous concocteraient des assiettes appétissantes.

Au menu : deux barbus tatoués aux chemises de bucherons confectionnent une cuisine de saison avec des soupes, des tartes, des plats cuisinés, des sandwiches variés et toastés bien croustillants mais aussi des salades à composer soi-même. 3 bases possibles : salade, chou chinois ou pâtes au pesto auxquelles on ajoute 3 ingrédients au choix parmi lesquels du comté AOC, du Bresaola, du jambon de parme ou encore des copeaux d’oignons frits. Pour le dessert, c’est un fondant au chocolat ou un smoothie aux fruits du moment.

Après avoir passé commande auprès de la serveuse, qui demande de manière décontractée : « salut, ça va ? Qu’est-ce que je te sers ? », on va gentiment s’asseoir et on attend d’être appelé pour venir chercher son plateau lorsqu’il est prêt. Il n’y a plus qu’à déguster son repas sur fond de musique old school (rap, hip-hop…) avant de débarrasser avant de partir !

En bref, un endroit à la cool, un accueil amical, des ingrédients frais pour un déjeuner sur le pouce de qualité.

AUGUSTE
10 rue Saint Sabin
750011 Paris
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