Les tribulations d’une usagère du métro : épisode 1

Lundi, novembre 24, 2014 , , , , , , , 4

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un endroit que les citadins connaissent bien. Ils doivent fréquemment l’emprunter (à contre cœur) pour se rendre d’un point A à un point B et endurer tout ce qui le qualifie : la proximité, l’odeur nauséabonde, l’hygiène douteuse, la vétusté de certaines infrastructures, les retards fréquents…
On y voit surtout défiler près de 4,13 millions de personnes par jour, nécessitant parfois une certaine attente avant de pouvoir s’y engouffrer. Non je ne vous parle pas du vagin de Zahia, bien que les deux endroits soient aussi sales et lugubres.

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Vous l’aurez probablement deviné, il s’agit du métro, ce monde souterrain, véritable enfer mobile. Un univers parallèle qui a ses propres règles et où grouillent tout un tas d’énergumènes (dont des rats) n’ayant jamais entendu parler des bonnes manières ou d’un quelconque savoir-vivre.

Et ça commence dès l’entrée du métro où je me sens scrutée par des regards inconnus. Ce ne sont rien d’autres que ces misérables petits fraudeurs qui attendent patiemment qu’un pigeon les laisse passer sans ticket. Sauf que c’est bien souvent moi le pigeon et qu’ils se faufilent pour franchir les barrières au moment où je valide mon passe Navigo.
Non mais sérieusement, je m’adresse à vous petits profiteurs : pensez-vous que je me casse le cul à payer plus de 815 €/an les éternels grévistes de la RATP afin que vous puissiez vous coller à mon popotin, ni vu ni connu ? Non seulement vous faites des économies sur mon dos mais en plus vous entrez dans mon espace vital en me serrant telle une sardine. Je m’en passerai bien, surtout le matin alors que je suis généralement de mauvaise humeur et que je n’ai qu’une envie : rester dans ma bulle sans que l’on prenne pour passe-partout de Fort Boyard.

Une fois dans l’enceinte du métro, il faut ensuite se dépêcher. Je suis à deux doigts de rater mon rendez-vous et je suis donc réglée comme une horloge suisse. Or, il y a toujours des touristes totalement perdus qui s’arrêtent sans scrupule en plein milieu du couloir. Je parle de ces petits chinois, totalement à l’ouest, qui se stoppent net alors que je tenais la cadence. Je ne peux ni doubler à gauche, ni à droite car il n’y a aucun petit espace où se faufiler tandis qu’ils restent là, à faire un pas en avant, deux en arrière tout en scrutant les panneaux, la tête levée. Alors vous, venus de je ne sais où, sachez que vous m’avez tellement retardée tout au long de mes multiples trajets en métro, que j’ai pris la décision de toujours vous indiquer le chemin inverse ! Lorsque vous voudrez aller au Louvres, je vous indiquerai la direction de Pigalle et lorsque vous chercherez « The Eiffel Tower », je vous guidai vers Montparnasse. Au moins, je serai certaine de ne pas me retrouver dans la même rame de métro que vous, à devoir me farcir vos multiples valises collées contre les strapontins et qui m’empêchent de m’asseoir. Et puis, faites un effort sur l’accent, c’est vraiment insupportable. Et surtout, arrêtez de cracher n’importe où. C’est vraiment répugnant.

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Après les avoir induit en erreur, je me retrouve à aider une jeune femme qui attend depuis maintenant 5 bonnes minutes qu’un homme daigne l’aider à descendre sa poussette. Oui enfin elle peut attendre longtemps la pauvre. La gente masculine baisse lamentablement les yeux comme si elle n’avait rien vu. Généralement je fais l’effort de l’aider parce que je serai bien contente le jour où j’aurai des mioches. Mais je dois bien avouer que ça me fait un peu chier de soulever son gosse de 3 ans qui aurait tout de même pu faire l’effort de descendre de sa carriole. Je me retrouve ainsi à me casser le dos, la jupe me remontant jusqu’à la culotte pour l’emmener, tel un prince, en bas des escaliers. Le pire c’est que je serai sûrement dans le même wagon, en train de me contorsionner afin d’éviter cette maudite poussette qui prendra toute la place. J’en profite d’ailleurs pour féliciter les mamans qui ont trouvé le meilleur moyen pour emmerder les usagers : mettre la poussette pile devant la porte. C’est d’une intelligence folle. À cause de vous, je ne peux même pas me mettre en pôle position, la main sur la poignée, pour sortir la première. Vous ruinez décidément tout mon planning.

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J’arrive enfin sur le quai et tout d’un coup j’aperçois une queue qui s’étend; Par queue, j’entends une file d’attente (je vous ai vu venir petit coquin). Elle s’impatiente, se déhanche et se pousse. Encore un retard. Sûrement la CGT qui fait encore des siennes ou un suicide. Il va falloir que les agents nettoient et pour cela arrêter le trafic. Encore un égoïste qui n’a pensé qu’à lui ! En plus, aucune information ne filtre, le panneau lumineux clignote me laissant dans le désespoir. En attendant, j’essaye de me positionner sur le quai au niveau de la sortie de la station à laquelle je descendrai pour gagner du temps (avouez, vous le faites aussi).

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Que c’est long d’attendre le métro. Je m’ennuie alors j’écoute et j’observe. Enfin surtout j’écoute ce que l’on me force à entendre. Vous me suivez ?! Par exemple, je me retrouve à côté d’un mec qui doit avoir les tympans complètement crevés tant il écoute fort Christophe Mae dans son casque. C’est un véritable enfer auditif à subir dès le matin. Car oui, à partir du moment où vous êtes capable d’entendre la musique de l’individu se tenant à proximité, c’est que c’est toujours, mais alors toujours une bouse musicale. Notre ouïe est aussi agressée par les enfants qui pleurnichent et par les demoiselles qui crient dans leur téléphone comme si elles étaient seules au monde. Et oui très chère, tout le monde a entendu que tu avais demandé une épilation intégrale à ton esthéticienne pour ton rencard avec Joseph ou qu’Antoinette t’a posé un lapin la veille . On entend aussi les menteurs du dimanche « oui je suis là dans 5 minutes, je suis dans le métro à Bastille, j’arrive ». Tu parles ça fait déjà 10 minutes qu’on poirote et en plus on est à Concorde. Je distingue également les regards lubriques essayant tant bien que mal de voir en transparence sous les mini-jupes ou les mecs, qui l’air de rien, se retournent sur le passage des bombasses. C’est d’une telle discrétion messieurs mais surtout c’est tellement intrusif.

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Je le répète, la femme n’est pas un bout de viande et surtout elle aime les endroits romantiques où on pourra lui faire la cour ! Cette petite remarque pour les Casanova de Clichy-sous-Bois qui pensent que le métro est l’endroit idéal pour draguer. Personnellement, tu auras beau me dire « oueh, ton père c’est un voleur, il a volé les étoiles pour les mettre dans tes yeux ! » que ça n’y changera rien. Tu me fais de la peine parce que je vois bien que tu crois à fond à ta technique de séduction mais retourne au bac à sable, je pense que c’est plus de ton âge.

Le métro arrive enfin tandis que le haut parleur nous remercie de notre compréhension. Sérieusement, il faudrait cesser de diffuser ce message parce qu’on a plus envie de casser la gueule aux prochains agents de la RATP que l’on croisera plutôt que d’être compréhensifs. Les portes s’ouvrent et c’est la cohue. Les femmes et les enfants d’abord devrait-on crier, comme sur le Titanic ! Comme souvent, les gens poussent vers l’intérieur du wagon.

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Dans la précipitation, je me retrouve écrasée dans le fond, contre les vitres crasseuses, les semelles des chaussures collées sur le sol. Cela dit c’est toujours mieux que d’être coincée sous les aisselles des plus grands, respirant leur sueur matinale ou au niveau de l’entrejambe de ces messieurs (nains et enfants sont évidemment les seuls concernés). Mais sachez-le, c’est insupportable de vous voir foncer dans le tas. Lorsque je suis moi-même passagère et que je dois sortir, j’ai peur de ce troupeau de vaches qui se bouscule et piétine tout sur son passage. Du coup, je reste maintenant devant la porte en plein milieu et je sors au dernier moment lorsque le « bip » sonne, quitte à faire descendre les impolis.

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Évidemment il y a toujours ceux qui continuent de pousser alors qu’il n’y a plus de place et au bout de quelques minutes, ça part en eau de boudin. Ça crie, ça s’insulte et parfois même ça se tape dessus. Généralement je ne m’en mêle pas, ça me fait une animation pendant le trajet. Vous avez aussi probablement remarqué l’indécis qui hésite à entrer dans la rame et qui attend que le signale sonore retentisse avant de sauter dans le wagon. Le pire c’est quand son sac reste coincé entre les deux portes (j’attends le jour où ce seront des extensions capillaires). Je préfère vous prévenir si cela vous arrive : comme beaucoup de personnes, je vous regardai avec mépris et je ne vous aiderai pas à vous dépatouiller de cette situation inconfortable. Il ne fallait pas me mettre davantage en retard.

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